samedi 15 septembre 2012

Un mot d'explication


Bonjour !

Ce blog contient quelques extraits de mon livre sur la question : Peut-on comprendre le livre biblique de la Genèse dans le sens de l’évolution ?


J'y ai ajouté un conte pour enfants. C'est une manière assez agréable pour faire comprendre les choses. 

Le livre complet devrait sortir vers la fin de cette année 2017.

Bonne lecture, et merci de votre visite !

Egbert Egberts

L'étoile mystérieuse


Les nouveaux contes de fée

L’étoile miraculeuse

Avez-vous jamais eu envie de savoir voler ? Bien sûr que oui ! Est-ce que ça peut arriver, comme ça, sans moteur ? Savez-vous que c’est déjà arrivé ? Ecoutez !

Il y eut une fois un royaume terriblement dangereux, Dinomundia. Il n’y avait ni roi, ni président, ni aucune forme de gouvernement. Dinomundia était peuplé d’animaux de tous genres, mais, comme son nom l’indique, les dinosaures y régnaient en maîtres et leur règne était celui de la terreur. Les théropodes, et notamment le terrible Tyrannosaurus rex semaient la terreur dans le royaume, assistés et concurrencés par de nombreux autres horreurs sur pattes. Peu de dinosaures, et aucun autre animal, n'arrivaient à résister à leur terreur. Il n’y eut guère que le Triceratops qui avait quelque chance d’avoir le dessus. Seuls les brontosaures—on les appelle aujourd’hui des apatosaures—les diplodocus et les autres saures de taille immense pouvait brouter en paix. Leur taille les mettait en général à l’abri d’ennuis.
Vous le comprendrez, Dinomundia n’était pas un des endroits les plus heureux et paisibles.
Le royaume avait poursuivi son existence peu enviable depuis aussi longtemps que les troödons pouvaient s’en souvenir. En fait, cela veut dire qu’on l’ignorait. Le temps n’avait jamais été une préoccupation à Dinomundia. On mangeait. On s’entre-mangeait. On dormait. C’est tout.
Pourtant, très loin du royaume, au-delà de l’horizon et par-dessus tous les horizons, un danger s’approcha. Au-delà d’Antares, Dar, le dieu des changements et du bricolage, avait décidé d’intervenir et de mettre fin au malheur de Dinomundia. Dar était un bricoleur de première importance. Il avait horreur des moyens brutaux. Habituellement, il agissait en bricolant ses améliorations par tous petits pas. Quand il avait tout réfléchi, il envoya son serviteur Win, un esprit fluet et habile, pour se faufiler dans les interstices des gènes pour y apporter les mini-changements surgis dans le grand cerveau de Dar. Il changeait un A par ci, un D par là, un N encore ailleurs, de sorte que la vie ne pouvait que s’améliorer. Ainsi, les mille-pattes avaient peu à peu vu augmenter le nombre de leurs pattes. Pendant une éternité, chaque maman “mille-patte” avait eu des bébés avec une paire de pattes en plus. Quand le chiffre mille fut atteint, Dar avait décidé d’en rester là.  Pour les brontosaures et les diplodocus, Dar avait eu envie d’extravagance et, se glissant dans des interstices géniques de plus en plus béants, Win avait bricolé les queues et les cous de ces bêtes qui avaient gagné un centimètre par génération. Cela peut paraître peu, mais tout dépend combien de temps vous jouez à ce jeu ! Pourtant,  avec l’avènement de Dinomundia, il y avait eu des ratages colossaux et le résultat était la terreur. Il fallait donc y remédier.
Mais comment ? Envoyer Win pour entamer le processus à l’envers ? Dar y était formellement opposé. Il ne croyait pas, mais alors pas du tout, dans les montres qui tournaient à l’envers. C’est peut-être parce qu’il n’avait jamais appris à marcher en arrière ! Puis, il aurait fallu admettre qu’il avait fait une erreur. Impossible ! Quand tu habites au-delà d’Antares, tu ne te trompes jamais.
Enfin, il eut une idée géniale. Il rappela Win (pour ne pas le blesser) et envoya quelques gros morceaux d’étoile—il en possédait un stock important—se promener en direction de Dinomundia. Le résultat fut étonnant, à la fois prévu et imprévu. De gigantesques boules de feu éclatèrent dans le royaume. L’oxygène brûla, les poussières causèrent un hiver sombre et froid durant de longues années, des pluies acides détruisirent tout ce qui poussait. Tout le petit monde de Dinomundia disparut dans les cataclysmes. Cela, c’était prévu.  Quand vous faites exploser une bombe de cet acabit, ça fait de gros dégâts.
Mais il n’y eut pas que des résultats prévus. Le résultat imprévu fut que des dinosaures ont quand même survécu. [1] Et recevoir un morceau d’étoile sur la tête les avait manifestement affectés. Ils ne tenaient plus en place. Ça courait et ça sautait de partout. On eut dit qu’ils n’avaient plus qu’une seule envie : échapper à la terre. On les voyait courir en battant leurs pattes antérieures de toute leur force. Voulaient-ils échapper aux prédateurs ? Ou souffraient-ils d’un complexe de persécution ? D’autres grimpaient dans les arbres pour ensuite se laisser tomber en battant leurs pattes aussi frénétiquement que les autres. C’était comique à voir et on aurait pu en rire s’il n’était pas aussi évident qu’une grande angoisse s’était saisi des pauvres. Ils étaient clairement malades. Dar observait son œuvre avec perplexité. Il aurait aimé envoyer son serviteur pour assister les survivants, mais l’état de frénésie était tel que Win n’aurait eu aucune possibilité d’agir. Il fallait laisser faire la nature.
Après un certain temps de ce comportement étrange, une chose étonnante arriva. Un vélociraptor, à force de courir et de se battre les pattes a réussi à … voler ! Ne riez pas ! Peu à peu, des plumes étaient apparues sur ses pattes de devant et l’angoisse lui avait donné des ailes. Plus tard, on parlerait de syndrome AIF (Désolé, c’est en Angais ! Anguish Induced Flight, où il faut sans doute comprendre le mot anglais “flight” dans les deux sens : fuite et vol. Il s’agit du syndrome VSA, vol stimulé par l’angoisse, bien que certains scientifiques préfèrent parler de syndrome FSA, fuite stimulée par l’angoisse).
Bien sûr, il ne faut pas s’imaginer que tout allait comme sur des roulettes. Beaucoup de raptors gisaient par terre, le cou brisé par les chutes. Les pattes cassées ne se comptaient plus. Mais l’angoisse avait eu un résultat retentissant. Ils savaient voler, enfin, plus ou moins ! Ils pouvaient enfin s’arracher à la terre. Ils étaient libres !
Dar regardait tout cela avec un certain amusement. Il n’avait rien prévu de tout cela. Les débris d’étoile avaient dû leur monter au crane. Mais quel résultat prodigieux ! Une fois que la paix reviendrait, il enverrait Win pour opérer quelques bricolages afin de profiter de l’imprévu et de bâtir une nouvelle espèce.
Dans la forêt, une chose semblable s’était passée. Le sol était par endroit tapissé de raptors écrasés. Franchement, ils n’étaient pas prévus pour ce genre de vie. Dar prenait note de leur incapacité et se demandait comment y répondre. Mais une fois de plus, il fut pris de court. A force de sauter de branche en branche, les raptors développaient un genre de membrane qui se mit à relier les membres antérieurs et postérieurs. Peu à peu, au lieu de tomber, certains raptors semblaient comme glisser dans l’air. En continuant à battre leurs pattes, il y en a même qui ont réussi à s’élever. Eux aussi avaient réussi à s’arracher à la terre.
Les dinosaures ont disparu depuis longtemps. Mais l’étoile mystérieuse qui avait tout détruit avait aussi donné les oiseaux. Les dinosaures étaient devenus des dindes, des poulets, des canards et des goélands ! Ils ont appris à voler.

Mais ne pensez pas imiter les dinosaures. Ce n’est pas en courant et en bougeant les bras très fort qu’on devient un oiseau ! Il faut l’étoile. Mais oui ! Et il faut l’angoisse, la peur. Mais si, à l’avenir, un astronaute devait revenir de l’espace avec un comportement angoissé, au point qu’il se met à courir partout en jetant ses bras en l’air, rappelez-vous des dinosaures. Et regardez bien s’il commence à pousser des plumes. Alors, vous saurez.
Qui peut le dire, peut-être que cette fripouille de Win s’est déjà glissé entre vos gênes … Mais, franchement, je n’y crois pas trop. Je pense que Dar s’intéresse aux hommes comme il s’intéresse aux mille-pattes : plus du tout. J’ai comme l’impression qu’il s’est choisi un nouveau terrain de chasse. Je peux me tromper, mais je pense qu’il a envoyé Win à se glisser dans … les voitures ! Il a déjà commencé à déconnecter les clignotants. Regardez bien autour de vous. Sur la plupart des voitures, ça ne fonctionne plus. Peut-être que bientôt, nous verrons des voitures sans clignotants ! Alors, vous saurez que Win a encore frappé.


Un petit mot réservé aux enfants :
J’espère que vous avez aimé ce conte. Bien sûr, vous aviez compris que ce n’est qu’un conte. Mais savez-vous qu’il y a pas mal d’adultes qui croient que c’est comme ça que les choses se sont passées ? N’allez pas tout de suite leur dire que ça n’existe même pas ! Vous vous rappelez quand vos parents vous ont parlé du Père Noël ou de la petite souris ? En grandissant, vous avez compris tout seul que ce ne sont que des jolies histoires. C’est comme ça pour les adultes. En vieillissant, ils vont découvrir que les histoires de Dar et de son serviteur Win ne sont que des histoires. Si vous le leur dites trop tôt, ils vont peut-être se fâcher, comme vous quand un copain vous a dit trop tôt que le Père Noël n’existe pas.
En fait, mais vous le saviez probablement, c’est Dieu qui nous a créés. Il nous a faits avec deux jambes, deux yeux, un nez. Et ça n’a jamais été autrement. Quand Dieu a voulu créer les hommes, il n’a pas commencé avec une larve. Il nous a faits dès le début comme on est maintenant. Il a aussi raconté cela dans un grand livre : la Bible. Au tout début de ce livre vous découvrirez comment Dieu a créé le monde.
Vous voyez, on peut bricoler les choses, mais on ne bricole pas la vie, et encore moins les hommes.
Ne l’oubliez jamais.


Et un petit mot aux parents :
Vous l’aviez sans doute compris. Ce conte fait partie du genre docufiction, comme nous en voyons aujourd’hui des tas. Dans une docufiction, il y a documentaire et fiction. Les limites entre les deux sont souvent difficiles à distinguer. Intuitivement, nous croyons que c’est plus ou moins 50-50. Une docufiction est, pensons-nous, une réalité prouvée légèrement illustrée pour la rendre visible. Cela est sans doute vrai pour un certain nombre. Mais il y a des docufictions où la part de la fiction est de 95 à 99% et la part du documentaire, (entendez : réalité prouvée au-delà de toute discussion) est donc de … Mais non, je ne vais pas vous le dire. Après tout, vous savez certainement calculer encore mieux que moi. La prédominance de la fiction est particulièrement évidente dans les docufictions qui mettent en scène le passé lointain, voire très lointain. Dans ces cas, l’appréciation de la proportion dépend généralement de la naïveté des lecteurs ou des spectateurs. Aujourd’hui, cette naïveté a atteint des proportions géantes.
Sachez cependant, que l’origine des oiseaux est aujourd’hui couramment comprise comme indiqué dans ce conte. Cela dit loin sur l’état d’une certaine science aujourd’hui. Après tout, si on peut croire cela, c’est qu'on peut croire n’importe quoi ! Bien sûr, ce n’est pas à moi de vous dire ce qu’il faut croire. Mais je vous supplie d’utiliser votre cervelle. Cela vous évitera de tenir vos enfants en laisse de peur qu’ils s’envolent à leur tour.



[1] Les traditions sont assez confuses à ce sujet. Tout fut détruit et rien n’aurait pu survivre. Pourtant, on retrouvait des dinosaures après. Tout effort pour réconcilier les deux traditions a été vain jusque là. Mais rappelez-vous que dans un conte de fée, tout est possible !

samedi 12 mai 2012

Il y a mythes et mythes

Appendice 1
Il y a mythes et mythes
Matthieu Richelle aime comparer la Genèse aux mythes de l’ancien Proche Orient. Même s’il dit qu’il faut rester prudent, on sent bien que la Genèse a trop de liens avec les mythes des peuples environnants pour être considérée comme un texte indépendant. Parmi ces mythes et autres traditions, en dehors de l’inévitable Epopée de Gilgamesh, il cite le mythe d’Adapa et les listes royales sumériennes.
Concernant le premier, l’étude détaillée de Nozomi Osanai, A Comparative Study of the Flood Accounts in the Gilgamesh Epic and Genesis, mérite le détour. [1] Après sept longs chapitres d’analyse, elle arrive à la conclusion qu’il n’y a pas de dépendance mutuelle entre les deux récits (c’est aussi l’opinion de K. A. Kitchen : “Probablement, les récits hébreux et babyloniens puisent à la source d’une tradition ancienne commune, mais ils ne sont pas empruntés directement l’un à l’autre.”[2] En comparant le détail des deux récits, elle écrit qu’il lui semble raisonnable de conclure que le récit babylonien a perdu sa justesse historique et qu’il fut déformé là où le récit de la Genèse contient un rapport historique exact.
Concernant l’Enuma Elish, le récit babylonien de la création [3], le jugement de W. G. Lambert [4], cité dans l’article de John Bloom et de C. John Collins, “Creation accounts and ancient Near Eastern religions” [5] est que l’Enuma Elish “n’est pas la norme de la cosmologie babylonienne ou sumérienne C’est une combinaison sectaire et aberrante de fils mythologiques tissés pour former une composition sans parallèles.”
Sur le mythe d’Adapa, il est peut-être suffisant de lire ce que raconte ce mythe [6] pour se convaincre de la distance énorme, abyssale !, entre les deux récits. Adapa n’est pas présenté comme le premier homme mais comme un sage, conseiller du premier roi sumérien Alulim. Le mythe identifie un problème humain mais en donne une explication totalement insuffisante. [7]
Bloom et Collins notent l’absence frappante d’une création ex nihilo du monde matériel par un Dieu transcendant et préexistent dans les mythes anciens. Cela est unique dans le récit de la Genèse. De même, aucun texte ne présente la création d’une seule personne, comme Adam, ou d’un premier couple, de qui sont descendus tous les humains.

La liste royale sumérienne a été étudiée en détail par Raúl Erlando López, “The antediluvian patriarchs and the Sumerian king list.” [8] Cette liste contient dans sa section antédiluvienne les noms de huit rois (ce qui se compare aux dix patriarches de la Genèse moins Adam et Noé. Le Noé sumérien, Ziusudra, n’est pas mentionné). Nous donnons ici un large extrait de cet article, comme exemple de la convergence qui peut exister entre de vieilles traditions et la Genèse.
En voici la section antédiluvienne, en Anglais [9] :
When the kingship was lowered from heaven
(In) Eridu(g) A-lulim(ak)
reigned 28,800 years;
Alalgar reigned 36,000 years.
2 kings
reigned its 64,800 years.
I drop (the topic) Eridu(g);
(In) Bad-tibira(k) En-men-lu-Anna(k)
reigned 43,200 years;
En-men-gal-Anna(k)
reigned 28,800 years;
divine Dumu-zi(d), a shepherd, reigned 36,000 years.
3 kings
reigned its 108,000 years.
I drop (the topic) Bad-tibira(k);
(In) Larak En-sipa(d)-zi(d)-Anna(k)
reigned its 28,800 years.
1 king
reigned its 28,800 years.
I drop (the topic) Larak;
(In) Sippar En-men-dur-Anna(k)
reigned 21,000 years.
1 king
reigned its 21,000 years.
I drop (the topic) Sippar;
(In) Shuruppak Ubar-Tutu(k)
reigned 18,600 years.
1 king
reigned its 18,600 years.
5 cities were they;
8 kings
reigned their 241,200 years.
The Flood swept thereover.

Les Sumériens et les Babyloniens utilisaient un système numérique sexagésimal selon l’illustration suivante : 


Dans un tel système, et partant d’un total arrondi de 241.200 ans indiqué dans le document, il est possible que le scribe ait attribué des âges aux rois individuels pour arriver à ce total. Cela pourrait ressembler à l’illustration à gauche : 








Ce qui est remarquable, c’est que la liste des huit patriarches de la Genèse, quand on écrit leurs âges de la même façon, mais selon un système décimal, donnerait un total qui s’écrirait à l’identique ! Voici l’équivalence des signes proposée par López et, ci-dessous, l’application à la Genèse en utilisant une règle d’arrondi semblable : 


López arrive aux conclusions suivantes :
“Il y a très peu de probabilité que la ressemblance entre les deux documents [la liste royale et la Genèse] soit fortuite. De l’autre côté, il est plus qu’invraisemblable que le récit biblique soit dérivé de la liste sumérienne du fait des différences entre les deux récits, et la supériorité évidente du récit de la Genèse, tant en précision numérique, en réalisme et en détails fournis, qu’en qualités spirituelles et morales. Il est bien plus raisonnable de penser que le scribe sumérien qui a composé la liste antédiluvienne originale possédait un document (probablement une tablette en argile) avec des informations numériques sur les âges de huit des patriarches, similaire au récit de la Genèse, et qu’il l’a interprété erronément comme étant écrit dans un système sexagésimal. Une autre explication serait que les Sumériens avaient une tradition orale du monde antédiluvien qui se limitait à un cadre général de l’histoire, au nombre d’individus impliqués, à une approximation de leurs âges et à un total arrondi. Ces nombres étaient exprimés à l’origine dans un système décimal, mais au moment où la liste antédiluvienne a été mise par écrit, on les a compris selon un système sexagésimal.
Le fait même que des éléments numériques du récit antédiluvien biblique apparaissent si distinctement dans le contexte d’un document sumérien profane comme la Liste royale témoigne en faveur de l’historicité des premiers chapitres du livre de la Genèse. La description biblique n’est donc pas limitée aux Hébreux. Il est manifeste qu’il y avait également une ancienne tradition du monde antédiluvien au début de la culture mésopotamienne. Mais le fait que le récit sumérien paraît être une version incomplète, avec des chiffres arrondis, de la description de la Genèse, sans la précision et le grand nombre de détails de cette dernière, et sans sa profondeur morale et spirituelle est un argument lourd en faveur de la priorité, de la justesse et de la supériorité du récit biblique. Et, pour finir, les parallèles clairs entre les données sumériennes et bibliques, tant  en qualité qu’en détails numériques, ouvrent la possibilité d’établir des corrélations entre le reste de la Liste royale et les premiers chapitres du livre de la Genèse.”

Est-il vraiment juste de conclure que l’auteur de la Genèse ne voulait pas être pris au sens littéral ? En dehors d’Adam et Eve, tout est-il vraiment à prendre au sens figuratif ? Matthieu Richelle invoque le poids des exégètes modernes, mais cela ne peut guère suffire ! Leur explication de Genèse 3 comme racontant l’expulsion du traitre hors du sanctuaire, à grand renfort d’images, semble bien plus mythique que le récit sobre de la Genèse ! Il y a mythe et mythe ! Le souci d’être en accord avec la science et l’exégèse modernes semble peser bien plus lourd que le souci de lire la Bible en son sens premier. Le sola scriptura est évacué un peu trop facilement par le sola scientia.  
Il est dommage que l’orateur n’ait pas jugé bon d’ajouter les nombreuses traditions du Déluge qui ne font que confirmer le sens littéral du texte de la Genèse. Nous y avons déjà fait référence. La première question lors de la table ronde y a fait allusion : D’où peuvent venir les mythes des origines ou du déluge ? Dans sa réponse, Henri Blocher résume les trois hypothèses suivantes. 1. Ces mythes peuvent trouver leur origine dans la mémoire transmise des événements. 2. Ils sont issus de l’inconscient collectif (la pensée de Jung). 3. Des conditions semblables ont conduit aux mythes semblables.
La deuxième option ne résout rien. Il faudra expliquer d’où vient cet inconscient collectif. Souvent, il proviendra du refoulement collectif d’un événement dont le souvenir est hautement désagréable. Ce qui nous met devant les deux autres options.
La troisième option a des limites évidentes. Prenons les mythes du déluge. [10] Comment expliquer ainsi les nombreux mythes qui racontent que la méchanceté humaine était la cause d’un déluge mondial qui couvrait les montagnes et dont une seule personne, souvent avec sa famille, parfois indiquant qu’ils étaient huit en total, furent sauvées en fabriquant un bateau ?
Le détail de beaucoup de ces mythes est remarquable. On les trouve chez les Miao en Chine comme chez les Aborigènes d’Australie, chez les Choctaw en Amérique du Nord comme chez les Biami en Nouvelle Guinée.
John D. Morris résume les traits communs de ces récits de la manière suivante. Les pourcentages indiquent la fréquence dans les récits de l’énoncé. [11]

  1. Une famille juste. 88% 
  2. Ils ont été avertis. 66% 
  3. Le déluge a été causé par la méchanceté humaine. 66% 
  4. La catastrophe s’est limitée à un déluge. 95% 
  5. Le déluge était universel. 95% 
  6. La survie était due à un bateau. 70% 
  7. Des animaux furent sauvés. 67% 
  8. Des animaux figuraient dans le récit. 73% 
  9. Les survivants ont atterri sur une montagne. 57% 
  10. Une géographie locale. 82% 
  11. Des oiseaux furent envoyés. 35% 
  12. Mention de l’arc en ciel. 7% 
  13. Les survivants offrent un sacrifice 13% 
  14. Huit personnes furent sauvées. 9%

Est-il vraiment raisonnable de penser que quelques 270 peuples aient développé le même genre de mythe avec autant de détails semblables parce qu’ils ont tous vécu, indépendamment les uns des autres, une catastrophe universelle distincte ? Si l’on ajoute à cela que dans plusieurs traditions se retrouve aussi un récit comme celui de la tour de Babel (les Choctaw aux USA, les Anahuac au Mexique, les Miao en Chine …) la probabilité de cette troisième option tombe pratiquement à zéro.
On revient alors par nécessité à la première option. Dans une compréhension évolutionniste, cela est peu digeste, nous le comprenons, mais y a-t-il vraiment le choix ? Or, dans une conception biblique des choses, la transmission d’une telle mémoire n’a rien d’exceptionnel. Nous ne parlons pas de dizaines de milliers d’années, mais d’une histoire récente. Dans l’optique d’une dispersion récente à partir de Babel, au troisième millénaire avant Christ, la mémoire peut jouer son rôle déterminant naturel.
N’est-ce pas justement l’absence de ces mythes qui eut été choquante ? Une telle absence aurait été un argument de choix contre le récit biblique d’un déluge universel. On n’aurait pas manqué de se servir d’un tel argument contre la Bible. Mais comme ces mythes existent, on passe à une autre tactique : soit on n’en parle pas, soit on raisonne qu’ils auraient dû ressembler davantage au récit de la Genèse. Cela ressemble un peu trop au : pile je gagne, face tu perds !
L’existence des mythes, qu’ils concernent la création, le déluge ou la tour de Babel ne rend pas le récit de la Genèse moins crédible. Bien au contraire, la sobriété même du récit, sa profondeur morale et spirituelle et ses détails chronologiques précis devraient nous inspirer une grande confiance. Nous ne sommes pas ici devant un mythe de plus (en quoi, un tel mythe aurait-il une crédibilité supérieure aux autres ? Dieu nous aurait-il donné un mythe de plus ?), mais devant la description factuelle de ce qui s’est réellement passé. Nous avons ici l’histoire qui sous-tend les mythes.
Mais, bien sûr, cela ne prouve rien en soi. Il n’est pas possible de prouver que la Genèse soit vraie, ni par un recours aux mythes, ni même par un recours à la science. La création, comme l’évolution, d’ailleurs, ne peut être prouvée. Nous devons plutôt parler d’un faisceau de probabilité. Les mythes et les traditions anciens, tout comme la science, nous fournissent un ensemble de probabilités et de vérifications partielles. A nous de les comparer à la Genèse pour voir où penche la balance. Nous croyons que la balance penche en faveur du récit de la Genèse, compris comme il a toujours été compris dans l’histoire avant 1800 et comme, manifestement, l’auteur voulait qu’il soit compris.

Les deux citations suivantes serviront de conclusion à cette section sur les anciens mythes. Elles proviennent de Chine et datent de la dynastie Ming (1368-1644), tout en se référant à une période bien antérieure. Il s’agit non pas de mythes, mais de prières à Shang-Ti, le Dieu souverain, dont la première mention se trouve dans le Chou-King, dans les Canons de Shun, empereur de 2256 à 2205 avant Christ. La comparaison avec Genèse 1 est étonnante, troublante même.
“Il y a longtemps, au commencement, il y eut un grand chaos, sans forme et ténébreux. Les cinq éléments (les planètes) n’avaient pas commencé à tourner et le soleil et la lune ne brillaient pas encore. Toi, ô Souverain spirituel, tu as d’abord séparé les plus grandes parties des plus pures. Tu as fait le ciel et tu as fait la terre. Tu as fait l’homme. Toutes choses avec leur pouvoir de reproduction ont reçu leur existence.”
“O Te, lorsque tu avais séparé le Yin et le Yang (= les cieux et la terre), tu as commencé ton œuvre créatrice. Tu as produit, ô Esprit, le soleil et la lune et les cinq planètes, et leur lumière était pure et belle. L’étendue céleste était drapée comme un rideau et la terre carrée faisait vivre tout ce qui s’y trouvait, et toutes choses étaient heureuses. Moi, ton serviteur, je viens te rendre grâce avec révérence et, pendant que j’adore, je m’adresse à toi, ô Te, en t’appelant Souverain.” [12]


[1] L’ensemble de son étude est disponible ici : http://www.answersingenesis.org/articles/csgeg
[2] K.A. Kitchen, Ancient Orient and Old Testament, Inter-Varsity Press, 1966; reprint, Wipf and Stock Publishers, Eugene, p. 90, 2001, cité par Osanai.
[3] Accessible en Anglais ici : http://www.sacred-texts.com/ane/stc/index.htm
[4] W. G. Lambert, “A new look at the Babylonian background of Genesis”, J Theol Studies (1965) XVI(2): 287-300 doi:10.1093/jts/XVI.2.287. Le texte complet de Lambert se trouve sur Google Books in: Richard S. Hess et David Toshio Tsumura ed., I studied inscriptions from before the Flood, Ancient Near Eastern, literary and linguistic approaches to Genesis 1-11, Sources for Biblical and theological studies, Volume 4, 1994 Eisenbrauns, pp 96ss.
[5] Christian Research Journal 35/01 2012.
[7] Cf. Bloom et Collins, Ibid.
[8] CEN Tech. J. 12(3):347-357  1998. Son article peut être consulté sur : http://www.answersingenesis.org/articles/tj/v12/n3/sumerian
[9] Art. cit. Selon : Jacobsen, T., The Sumerian King List, The University of Chicago, Chicago, IL, 217 pp, 1939.
[10] Cf. chapitre 3 section 4.
[12] James Legge, “The notions of the Chinese concerning God and Spirits”, p. 28, Hong Kong, Hong Kong Register Office, 1852. Le livre de Legge est téléchargeable ici : http://www.scribd.com/doc/28777511/Legge-1852-the-Notions-of-the-Chinese-Concerning-God-and-Spirits-pdf.

lundi 9 avril 2012

Conclusion


Conclusion
  
Genèse 1-11 résiste à toute lecture évolutionniste. La symphonie de la création devient une cacophonie dissonante dès qu’on veut y introduire le thème majeur de l’évolution. Non seulement le style et le genre littéraire ne se prêtent pas bien à une lecture non-littérale, mais ils dévoilent justement le Dieu Créateur qui a inspiré ce texte bien avant toute cosmogonie postdiluvienne. Le cadre imposé de la chute et du déluge rendent impossible une lecture évolutionniste. Le sola scientia comme clé d’une nouvelle interprétation se cogne contre les affirmations claires de la Parole de Dieu. Etant Chrétiens, nous tenons à l’a priori de l’Ecriture. Le texte de Genèse 1 avec ses répétitions et ses refrains demeure réfractaire à une lecture autre que littérale. La phrase “Dieu dit” forme dix coupures réelles dans la progression de la formation du monde. La mention “selon sa sorte” enseigne positivement qu’il y a des barrières objectives entre les espèces, sans se fermer à une évolution à l’intérieur de ces espèces. La conclusion “Dieu vit que cela était bon”, et même “très bon” après le dernier jour de création ferme la porte à toute intrusion du mal et du péché avant la chute. Le reste de la Bible ajoute à cela l’émerveillement qu’inspire la création. L’évolution quant à elle n’inspire aucune adoration.
Le poids cumulé des arguments bibliques invoqués tout au long de notre texte est énorme. Mais il ne s’agit pas seulement du poids cumulé. Bon nombre des arguments soulevés constituent en eux-mêmes des raisons majeures et absolues contre l’introduction de la théorie de l’évolution dans l’histoire de la Genèse.
Le dieu de l’évolution n’est pas, et ne peut être, le Dieu de la création.
Réconcilier la Genèse, et avec elle l’ensemble du témoignage biblique sur les origines, avec la philosophie uniformiste qui sert de fondement à la théorie de l’évolution est totalement impossible. Comme nous l’avons dit, le sola scientia finira par dévorer le sola scriptura. Nous ne pouvons embrasser les prétentions de la théorie de l’évolution sans sacrifier, d’une façon ou d’une autre, la vérité de la révélation biblique. Le problème ne réside ni dans la Bible ni dans la science en tant que telles, mais dans notre choix d’une clé d’interprétation. Soit nous acceptons la Bible comme une révélation exacte de l’histoire originelle de notre monde et nous chercherons à interpréter les faits géologiques, paléontologiques, etc. selon les enseignements de cette révélation (le passé comme clé du présent), soit nous acceptons les prémisses de la théorie de l’évolution (tout est toujours resté pareil, le présent est la clé du passé, la sélection naturelle suffit comme explication de la transformation des êtres) et nous interpréterons la Bible à la lumière de cet a priori. Les résultats sont manifestes : soit nous construisons une géologie biblique, anathème aux yeux de la plupart des scientifiques d’aujourd’hui, mais en accord avec les faits, soit nous réaménageons la Bible pour lui faire dire ce qu’elle est censée dire selon une certaine science. Le risque de la première option est de nous exposer à la moquerie des hommes. Le risque de la deuxième option est de nous exposer à la moquerie de Dieu.
Car nous devons compter avec lui, et malheur à celui qui l’oublie ! La Bible nous avertit solennellement contre l’introduction de fausses doctrines. L’enseignement est un ministère à risque. L’apôtre Jacques écrit : Mes frères, ne soyez pas nombreux à assumer le ministère de l’enseignement (dans l’Eglise). Pensez-y; nous qui enseignons les autres, nous serons jugés d’autant plus sévèrement. (Jacques 3.1 Parole vivante) Nous entrevoyons quelque chose de ce jugement à la fin du livre de Job. Dieu y évalue l’enseignement de ceux qui ont la prétention de parler de lui ou pour lui : Après que l’Eternel eut adressé ces paroles à Job, l’Eternel dit à Eliphaz de Témân : Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez point parlé de moi avec droiture comme (l’a fait) mon serviteur Job. Prenez maintenant sept taureaux et sept béliers, allez auprès de mon serviteur Job et offrez pour vous un holocauste. Mon serviteur Job priera pour vous, et comme j’ai de la considération pour lui, je ne vous traiterai pas selon votre folie, car vous n’avez point parlé de moi avec droiture, comme l’a fait mon serviteur Job. (Job 42.7,8)
Voilà le risque : être traité selon notre folie par le seul Juge en présence. Et ce risque est loin d’être imaginaire. Un enseignement qui conduit à la négation de la chute conduit à la négation de l’Evangile. “L’Evangile selon Darwin” et l’Evangile de Jésus-Christ ne se trouvent pas du même côté de la barrière. Cela n’est pas une simple question de divergence de point de vue légitime. Ce pourrait être une question de vie ou de mort …

Cela ne veut pas dire que tout est donc simple. Renverser la géologie ou l’astronomie, pour ne parler que d’eux, afin de les reconstruire sur des fondements bibliques, n’est pas une sinécure. Que cela commence à être fait malgré le nombre restreint de scientifiques créationnistes, et malgré les fatwas de l’establishment scientifique est à la fois remarquable et une indication que les faits finiront toujours par parler pour eux-mêmes. Mais beaucoup doit encore être fait. [1] La science conventionnelle avec ses fonds importants et son appui inconditionnel auprès des médias et des pouvoirs politiques aura probablement toujours une longueur d’avance ici-bas. Cependant, in fine, le fondement de notre conviction profonde ne repose pas sur le travail scientifique, aussi important soit-il.
Nous bâtissons sur le fondement sûr de la Parole de Dieu. Comme nous l’avons déjà dit, c’est là que la démarche est inversée à celle de beaucoup de modernes. Au lieu de conclure des découvertes de la science qu’il faut réinterpréter le texte biblique, nous partons d’une saine exégèse de ce texte. Ensuite, nous cherchons si les faits de notre monde géologique, paléontologique et astronomique peuvent être interprétés dans le sens de la Parole de Dieu et, après cela, nous évaluons la probabilité des deux interprétations par rapports aux données. Nous avons la tranquille assurance que les faits donneront raison à la Bible.
Que la terre entière se mette à suivre une théorie, si la Parole de Dieu dit autrement —et elle dit autrement— nous tiendrons avec la Parole de Dieu. Sans cela, qu’y aurait-il encore comme avenir ?


[1] N’y a-t-il pas ici un défi à relever pour ceux et celles qui se trouvent encore avant ou au début de leur cursus universitaire ?

mardi 20 mars 2012

Avant-propos


Avant-propos

La question Création – Evolution demeure un point de litige pour tout lecteur de la Genèse. Le triomphalisme évolutionniste tel qu’il se distille dans les médias ne peut enlever au croyant un certain malaise. D’un côté, peut-on vraiment traiter le texte biblique de cette manière ? Mais de l’autre côté, si on continue à lire ce texte d’une manière “simpliste”, “naïve”, ne risque-t-on pas de se couper à tout jamais de ce que la science semble maintenir avec une belle unanimité depuis quelques 150 ans ? Ne risque-t-on pas de devenir inintelligible pour les hommes de notre temps ?
Quelle clé nous ouvrira l’Ecriture ? Doit-on interpréter la Bible à la lumière de la Bible, ou doit-on soumettre son interprétation aux lumières de la science naturelle ? Voilà la portée de ce petit livre. Mon propos n’est pas d’apporter des preuves scientifiques supplémentaires dans le débat entre création et évolution. D’autres sont éminemment mieux qualifiés pour cela. En tant que théologien, mon souci est l’interprétation de l’Ecriture. Que la science serve de clé d’interprétation aux textes du début de la Genèse devrait nous inquiéter. Car si le jour vient où l’on abandonnera la théorie de l’évolution, comme on a abandonné tant d’autres théories en vogue pendant un temps, les dégâts à la maison de la foi seront proportionnels à la mesure où sa lecture de la Bible était  conditionnée par cette théorie.
Le danger d’une subordination de l’interprétation de la Parole de Dieu aux dictats momentanés d’une certaine science est loin d’être imaginaire. Notre monde francophone y est exposé encore davantage par le manque de scientifiques non-évolutionnistes, et par la pression du consensus scientifique. Le culte de la Raison autonome, héritage des Lumières et de la Révolution, ajoute encore au danger.
Les digues du Catholicisme et du Protestantisme ont déjà largement cédé devant la marée évolutionniste. Celle de la mouvance évangélique commence à céder. Tristement, cela ne crée pas un mouvement de panique ou, mieux, de réveil. Peu sont ceux qui semblent discerner encore le coût d’une marée de ce genre. Comme si le débat ne concernait qu’une question marginale. Comme si l’on avait encore bien d’autres digues mieux fortifiées plus loin. Il n’y en a pas. La digue de la Genèse est la principale. Quand elle cède, il ne restera que de la rhétorique, des mots. La puissance sera partie. La gloire sera partie.
C’est ce qui constitue l’enjeu.

lundi 19 mars 2012

Texte de Genèse 1


Genèse 1.1-2.4


Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, mais l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. 
I. 
Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un jour.
II. 
Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux pour séparer les eaux des eaux. Dieu fit donc cette étendue, sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus. Il en fut ainsi. Dieu appela l’étendue ciel. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un deuxième jour.
III.
Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel s’amassent en un seul endroit, et que la (partie) sèche apparaisse. Il en fut ainsi. Dieu appela terre la partie sèche, et il appela mers la masse des eaux. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit : Que la terre se couvre de verdure, d’herbe porteuse de semence, d’arbres fruitiers donnant sur la terre des fruits selon leur espèce et ayant en eux leur semence. Il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l’herbe porteuse de semence selon son espèce et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un troisième jour.
IV.
Dieu dit : Qu’il y ait des astres dans l’étendue céleste, pour séparer le jour et la nuit; que ce soient des signes pour (marquer) les temps, les jours et les années; que ce soient des astres dans l’étendue céleste pour éclairer la terre. Il en fut ainsi. Dieu fit les deux grands astres, le grand pour dominer sur le jour, et le petit pour dominer sur la nuit; (il fit) aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l’étendue céleste, pour éclairer la terre, pour dominer sur le jour et sur la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un quatrième jour.
V.
Dieu dit : Que les eaux se mettent à grouiller d’êtres vivants, et que sur la terre des oiseaux volent sous l’étendue céleste. Dieu créa selon leur espèce les grands monstres marins et tous les êtres vivants qui nagent, et dont les eaux se mirent à grouiller; (il créa aussi) tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit en disant : Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux se multiplient sur la terre.  Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un cinquième jour.
VI.
Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bétail, reptiles, animaux terrestres, chacun selon son espèce. Il en fut ainsi. Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles du sol selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, pour qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image : Il le créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre. Dieu dit : Voici que je vous donne toute herbe porteuse de semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre fruitier porteur de semence : ce sera votre nourriture. A tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui a souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Il en fut ainsi. Dieu vit alors tout ce qu’il avait fait, et voici : c’était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un sixième jour.
VII.
Ainsi furent achevés le ciel, la terre et toute leur armée. Le septième jour toute l’œuvre que Dieu avait faite était achevée et il se reposa au septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car en ce jour Dieu s’était reposé de toute l’œuvre qu’il avait créée.

Voici les origines du ciel et de la terre, quand ils furent créés.

Table des matières


Table des matières
  
De moi à vous
Avant-propos
1. La collision
De la Révélation au génome
2. Genèse 1 : un prologue ou une histoire sans fin ?
Une réaction aux cosmogonies anciennes ?
Le style de Genèse 1
3. Le cadre de Genèse 1
Genèse 2.5 et la théorie du cadre
La chute
Qui est Adam ?
Le déluge
4. L’enseignement de Genèse 1
Les jours de la création
Le lien entre Genèse 1 et Exode 20
Dix balises
5. Célébrer le Dieu Créateur
Conclusion


Etude annexe : Perspectives sur l’origine de l’humanité
            Deux maîtres ?
            Il y a mythe et mythe
            Un appel final à la Parole de Dieu